Architecture – Idea Store : un nouveau type de bâtiment ? (Le Devoir)

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Catherine Szacka
Édition du samedi 28 et du dimanche 29 avril 2007

Mots clés : Idea Store, Architecture, Culture, Art, Canada (Pays), Québec (province)

Érigé au beau milieu d’un marché multiethnique de l’est de Londres, l’Idea Store de Whitechapel, un imposant bloc fait de verre transparent et de verre coloré, ne ressemble en rien à une simple bibliothèque de quartier. Bâtiment hybride, l’Idea Store est un centre d’information et de documentation, de formation continue, de loisir et de rencontre. Depuis 2002, ces condensateurs culturels se répandent à Londres. Au total, sept Idea Stores verront le jour dans la capitale britannique. Trois restent encore à construire.

En français, on pourrait traduire «Idea Store» par «boutique à idées», un nom plutôt charmant pour ce nouveau type de bâtiment dont le but premier est d’encourager les habitants de certains quartiers défavorisés à faire une utilisation la plus étendue possible des services offerts par leur municipalité. Ouverts sept jours sur sept, les Idea Stores sont à la fois des bibliothèques où l’on peut consulter et emprunter des livres, des CD et des DVD, des centres de référence offrant des ressources en ligne ainsi que des archives locales. Ils sont aussi des lieux de rencontre comprenant salles d’exposition et de concert, garderies et cafés, et des centres de formation offrant des cours de danse, de langue, d’informatique et d’art.

Lancé en 1999, le projet des Idea Stores est une opération visant à revitaliser certains quartiers défavorisés de Londres. Les zones visées: celles où l’on retrouve une grande concentration de chômeurs et de minorités visibles. Le premier Idea Store a été ouvert en 2002 à Bow, dans l’arrondissement de Tower Hamlets, situé dans l’est de Londres. Ce quartier, l’un des plus défavorisés du Royaume-Uni, compte une population à 30 % composée de Bangladeshis et à près de 50 % de Noirs ou d’autres minorités visibles. Par la suite, ont été inaugurés ceux de Chrisp Street en 2004, de Whitechapel en 2005 et de Canary Wharf en 2006.

Avant les Idea Stores, les services locaux attiraient très peu la population. On dit que moins de 20 % des résidants de ces quartiers fréquentaient les bibliothèques, des endroits considérés comme vieillots et peu attrayants. C’est pourquoi on a misé sur l’image pour attirer les jeunes. Une image de marque forte axée sur le client. Comme son nom l’indique, il semble y avoir une véritable stratégie de marketing derrière les Idea Stores. On cherche à faire croire aux gens qu’ils sont dans un lieu commercial plutôt que dans une bibliothèque. Grâce à des présentoirs ressemblant étrangement à ceux que l’on retrouve dans les grandes chaînes de librairies ou encore chez les disquaires, on a créé un espace intérieur qui ne ressemble en rien à celui d’une bibliothèque traditionnelle.

En plus de miser sur le branding et sur des espaces intérieurs fluides et lumineux, on voulait que, de l’extérieur, les Idea Stores attirent les passants grâce à une architecture contemporaine. Deux des Idea Stores (ceux de Chrisp Street et de Withechapel) ont été conçus par David Adjaye, un architecte londonien d’origine tanzanienne très en vogue depuis quelques années. En nomination pour le Stirling Prize 2006 et gagnant du Royal Institut of British Architecture Inclusive Design Award 2006, l’Idea Store de Whitechapel est un édifice de cinq étages dont la façade colorée rappelle les étals striés du marché environnant.

L’avenir des bibliothèques

À la suite de la vague d’ouverture de ces Idea Stores, plusieurs Londoniens s’inquiètent: ces choses que l’on appelle des bibliothèques, ces endroits sombres et poussiéreux dans lesquels on découvre des livres cachés, seraient-ils en train de disparaître?

À Montréal, nous avons aussi construit notre bibliothèque du futur. Plus traditionnelle que les Idea Stores, la BNQ tente elle aussi de renouveler l’image de la bibliothèque, d’attirer les jeunes, de se tourner davantage vers les nouveaux médias et, surtout, d’implanter un lieu de savoir au beau milieu d’un quartier défavorisé où se mélangent universitaires, clochards et piqueries. Chez nous comme à Londres, le pari semble gagné: la clientèle des bibliothèques s’est diversifiée et, surtout, a largement augmenté. Un constat qui amène inévitablement à se demander s’il faut maintenir les traditions à tout prix ou accepter que les fonctions et les noms des bâtiments changent suivant les différentes transformations sociétales?

Collaboratrice du Devoir

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Crédits photo: TimSoar

~ par szackablog le mai 1, 2007.

2 Réponses to “Architecture – Idea Store : un nouveau type de bâtiment ? (Le Devoir)”

  1. Bravo! I enjoyed your article, but I have to point out one error because you made the the same mistake for the Brick House article: In Enlgish it is institutE not institut!

  2. IT IS RIGHT.THE MASSCULTURE IS THE IMAGE CULTURE SO TO MAKE A BUILDING ATTRACTIVE WE HAVE TO PLAY WITH THE FRAMES AND THE COLORS

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